Mon initiation aux voyages chamaniques

Essayer, c’est l’adopter - comme dirait l’autre.

Pour ceux qui seraient tentés par l’aventure et voudraient un petit retour d’expérience avant de se lancer, voici comment j’ai vécu mes premières expérimentations avec le monde chamanique.

par Marie - Mai 2024

Un week-end pour s’initier.

Sur proposition d’une amie, je me suis inscrite à un week-end d’initiation aux pratiques chamaniques, à Bruxelles. Nous nous sommes donc retrouvées, mon amie et moi, avec une vingtaine d’autres personnes, assises par terre en cercle avec, placé au centre, un carré de tissu bariolé sur lequel ont été délicatement déposés uns à uns des tas de petits bibelots, des figurines, des cristaux, des hochets - le tout ponctué par une bougie que notre guide pour le week-end finit par allumer pour nous signaler le point de départ de cette initiation aux pratiques chamaniques.

Le soleil, dont les rayons sont rares au mois de janvier, réchauffe notre groupe au travers des grandes fenêtres, alors que nous faisons les présentations et démarrons au son du tambour (il a été demandé à chacun d’en apporter un) et du chant. Nous nous prenons par la main et fermons symboliquement le cercle. S’en suit une introduction sur le chamanisme, et déjà un premier exercice. Nous tâtonnons. Une pierre glanée sur le bas côté d’un chemin peut-elle vraiment avoir un message à nous donner? Oui… Ici, nous considérons que tout - absolument tout - a un esprit.

Nous échangeons et déjà les messages résonnent particulièrement auprès des personnes à qui ils sont destinés… Les heures passent, nous ne voyons pas le temps filer, et nous voilà maintenant prêts à partir pour notre premier voyage à la rencontre de notre animal de pouvoir. Une expérience émouvante, mais notre mental nous jouerait-il encore des tours, est-ce vraiment possible? Je ne peux m’empêcher de me demander si je n’ai pas tout inventé…

La journée se clôture par une forme de danse et je me sens appartenir à ce cercle. Nous nous saluons dans la joie de savoir que nous nous retrouverons, dans ce même cercle, pour continuer nos expérimentations le lendemain.

La seconde journée, tout aussi intense que la première, nous permettra de faire d’autres voyages encore plus enrichissants, ponctués de partages émouvants et si sincères qu’ils nous permettent de nous rapprocher et nous sentir interconnectés car nos expériences, bien que uniques et très personnelles, une fois partagées, viennent nous toucher dans cette part humaine universelle qui résonne en nous.

Je précise, pour qui aurait des doutes, qu’aucune substance psychotrope (ou autre) n’a été prise! Les voyages se sont fait uniquement au son du tambour :)

Ce que j’ai appris.

Tout d’abord, on ne se dit pas chamane: on est (éventuellement) reconnu comme tel par d’autres. MAIS les pratiques chamaniques sont universelles, elles se retrouvent partout dans le monde depuis la nuit des temps. Elles transcendent les cultures, les espaces et, en tant que forme la plus primitive de spiritualité, nous y avons tous accès. C’est comme si cela était écrit dans nos gènes, encodé quelque part, en tout cas c’est ce que j’ai ressenti. D’ailleurs, pendant notre week-end, tous ont pu expérimenter - certes de manière différente - mais tous ont voyagé, même les plus mentaux d’entre nous.

Ensuite, les pratiques chamaniques demandent une certaine discipline et un grand respect car elles touchent au sacré, au transcendant. Elles ne peuvent pas s’aborder en touriste… Trois mots nous ont été impartis, et il revêtent une importance immense dans la pratique: intention, attention et confiance. Je les dépose ici mais n’en dévoilerai pas plus car il faut laisser la place à l’enseignement et la découverte...

Quoi qu’il en soit, ces pratiques permettent un accès à ce qui est si poétiquement appelé “la réalité non-ordinaire”, c’est vraiment cela que j’ai pu expérimenter et m’en émerveiller ! Difficile de mettre des mots… La réalité non ordinaire est…. surprenante, subtile, merveilleuse, porteuse de guidance et d’enseignements riches pour qui veut bien les entendre.

Le voyage chamanique permet d’accéder à cette réalité non-ordinaire qui est, par souci de clarté, divisée en trois niveaux: le monde d’en bas, le monde du milieu, et le monde d’en haut. Ces mondes, dont les frontières sont poreuses car cette division est une vue de l’esprit (ou plutôt une classification mentale), permettent d’accéder à des expériences et informations différentes. Selon mon expérimentation, le monde du milieu est un peu comme la face subtile/invisible du monde que nous connaissons et dans lequel nous vivons, celui d’en bas est plutôt celui des animaux et de la nature, et le monde d’en haut serait celui des guides.

Une reconnexion avec le subtil.

J’ai reçu un grand cadeau ce week-end: un sentiment de (re)connexion. Avec mon corps tout d’abord car même si nous sommes dans une pratique d’ordre spirituel, le corps joue un rôle important. Avec les autres aussi, ce sentiment d’humanité, cette appartenance à un ordre plus grand que soi. Mais surtout avec le monde subtil, cet invisible qui devient tout à coup plus palpable et présent. Finalement la frontière entre l’ordinaire et le non-ordinaire n’est pas si nette non plus :)

Et la suite? Je continue à pratiquer, chez moi quand j’en ressens l’envie, au son d’un tambour enregistré, mais aussi plusieurs fois par mois lors de cercles de tambour formés avec de merveilleuses personnes. J’en ressors à chaque fois énergisée, non seulement par le voyage, mais aussi par les partages et les retrouvailles avec d’autres co-voyageurs non-ordinaires comme moi.

Quelques références si vous voulez creuser le sujet.

Certains auteurs ont oeuvré pour ‘modernister’ ou ‘occidentaliser’ les pratiques chamaniques, voici ceux que je retiens

  1. Le magnifique livre du regretté Claude Poncelet (notre compatriote) ‘le chamane intérieur’, celui que vous devriez selon moi lire en premier. Je m’inscris dans sa tradition.

  2. Suivez et lisez Sandra Ingerman, une chamane américaine, auteure de nombreux livres très accessibles, dont la plupart ont été traduits en français.

  3. Le livre de Corine Sombrun ‘La diagonale de la joie’ - même si son approche des voyage est un peu différente, avec une vision plus exclusive à laquelle je n’adhère pas, son travail est néanmoins intéressant car il vise à une reconnaissance scientifique du chamanisme. Un film avec notre Cécile de France nationale intitulé ‘Un monde plus grand’ relate son histoire. Il y a de nombreuses vidéo de ses conférences en ligne, sur youtube notamment.

  4. Il n’est pas recommandé de démarrer tout seul, faites vous guider. Si vous savez comment procéder, de nombreuses playlist de tambours existent pour accompagner les voyages. Préférez celles qui incluent un tambour de rappel pour pemettre un retour en réalité ordinaire sécurisé, par exemples celles de Sandra Ingerman (Spotify) sont un bon exemple.

  5. Et aussi, contactez-moi pour plus d’info. Comme vous pouvez le voir, je suis ravie de partager sur le sujet.

Il ne me reste plus qu’à souhaiter bons voyages à ceux qui s’y essaieront car… l’essayer, c’est l’adopter!

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